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Symboles de la coutellerie française, les couteaux de Thiers étaient les outils des Rois !

Thiers, capitale historique de la coutellerie Made in France ? C’est plus que jamais le cas quand on se penche sur les recherches de l’historien Christian Lemasson, qui a récemment découvert l’existence de deux fabricants de couteaux thiernois ayant servi à la Cour du Roi au XVIIIème siècle.

Symboles de la coutellerie française, les couteaux de Thiers étaient les outils des Rois !

Les couteaux de Thiers étaient utilisés par la famille royale !

Christian Lemasson est un véritable passionné d’Histoire, et plus précisément celle des couteaux Made in France.

Ses travaux témoignent de la réputation de la coutellerie thiernoise dans l’ensemble de l’Hexagone, bien avant l’époque de la Révolution française. Thiers a toujours été cité en exemple pour le savoir-faire de ses artisans et la qualité rarement égalée d’une production de qualité.

Un passionné qui remonte le temps

Ses recherches l’ont récemment amené à identifier deux couteliers de la cité thiernoise ayant servi la famille royale au cours du XVIIIème siècle !

Alors qu’il se déplaçait aux Archives Nationales afin de recueillir d’éventuelles informations sur l’Histoire de la coutellerie française, Christian Lemasson a découvert qu’un fabricant de couteaux thiernois, Jean Vignol, avait servi le Dauphin du roi Louis XV.

De Vignol à Pouzet

Monté à la capitale au début du 18e siècle, ce dernier fut immédiatement remarqué par le Roi pour ses talents de coutelier, au point qu’on lui décerna très vite le titre de Coutelier du Dauphin.

Fort de cette découverte, l’historien continue à fouiller les archives du côté de Versailles dans le but de dénicher davantage d’informations sur ce Vignol. Il remarque alors par surprise l’existence d’un autre coutelier thiernois, Louis Pouzet, qui au cours du même siècle, avait tissé des liens étroits avec le Roi Louis XIV en personne !

Les couteaux de Thiers déjà célèbres à l’époque de Louis XVI

Prolongeant sa plongée dans l’Histoire de la coutellerie Made in France, Christian Lemasson découvre que le coutelier Pouzet avait été choisi pour services rendus à sa ville natale.

Il témoigne : « C’est probablement la première fois qu’un coutelier du roi a été choisi pour des mérites extérieurs à la coutellerie. » Cette nomination valut d’ailleurs par la suite des ennuis à Pouzet qui dut gérer un conflit avec la jurande des couteliers de Thiers. « Pouzet a en effet été contraint de changer sa marque en modifiant le poinçon de la lame et en lui accolant un nom : La Victoire », explique Lemasson.

Son succès fut en tout cas immédiat, même s’il ne put en profiter que pendant quelques années à partir de 1784 jusqu’à… la Révolution ! Sa renommée perdura par contre jusqu’à la fin du 19e siècle, un successeur de sa famille ayant probablement fait vivre les couteaux thiernois La Victoire par la suite.

Une chose est certaine, ces deux histoires démontrent à quel point les couteaux de Thiers représentent une valeur sûre en France et font de la ville et de son bassin la capitale de la coutellerie par excellence.

Les couteaux de Thiers au 20e siècle

Aujourd’hui, ce titre honorifique paraît justifié au regard des derniers chiffres de l’activité coutelière recensés à Thiers.

Évoluant entre artisanat et industrie, ce secteur économique représente environ 80 entreprises regroupant près de 1 300 salariés.

TB Groupe, fer de lance de la coutellerie Made in France

La nouvelle vague d’innovation en matière de fabrication de couteaux thiermois laisse également entrevoir des perspectives intéressantes pour l’avenir, à l’image de TB Groupe qui invente les lames de demain par la conception de gammes exigeantes et de haut standing.

En témoignent les fameuses séries de couteaux Evercut®, réputés comme les plus tranchants et les plus résistants au monde, ou encore Maestro®, des outils de qualité professionnelle utilisés par les plus grands chefs.

Christian Lemasson, un historien passionné de coutellerie française

Tarrerias-Bonjean tient à saluer la persévérance et le talent de Christian Lemasson, qui par ses travaux remarquables, continue à faire connaître la coutellerie thiernoise et française par la découverte de faits historiques de très grand intérêt.

Un parcours très riche

Il faut dire que le pedigree de Christian Lemasson est tout aussi intéressant que ses découvertes : diplômé de l’Institut d’Economie et Coopération Européenne (I.E.C.E. groupe EBS), études de psycho-sociologie, réalisation de films courts de cinéma ethnographique sur les métiers de la montagne dont la coutellerie.

Un amour fou pour la coutellerie française d’hier et d’aujourd’hui

À vrai dire, son histoire d’amour pour les couteaux sous leurs formes les plus diverses ne date pas d’hier. « À l’époque, confie-t-il, mon père avait un grand couteau dans son atelier. Quand mes parents étaient absents, j’allais voir dans le tiroir pour le manipuler et jouer avec. J’étais une sorte de D’Artagnan ! »

Bien des années plus tard, au cours d’un déménagement, son père lui offrit une de ses plus belles lames, un couteau traditionnel ayant appartenu à son arrière-grand-père. Ce présent illumina d’un seul coup sa mémoire. C’était celui de son enfance !

« La coutellerie est un monde vivant, un univers humain avec des anecdotes », conclut le passionné et passionnant historien. On veut bien le croire. Un grand bravo à Christian Lemasson !

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